Blog 1 – Arrivée au Mali

by | Apr 1, 2014

125 kilos de bagages! Un jeu d’enfants. Depuis 2011, j’ai tant de matériel éducatif dans ma cave que je dois sélectionner ce que je vais emporter. Jeroen m’avait aidé au Kringloop en septembre 2011 et n’avait pas pu venir faire son stage au village situé dans la zone rouge. L’Université de Leiden lui a interdit. Livres de Biblionef pas encore partis, jeux de société, matériel sportif… je tasse les housses et enveloppe les catégories de sacs en tissu ou plastic pour les protéger.
Je vais dans le Limburg déposer un sac chez Anneke. Je le récupèrerai à Segou au Festival. A Schiphol avec Khoi, je repèse les sacs. Deux dictionnaires en plus, jeux de construction en plus? L’employée nous voyant refaire les sacs me demande si c’est pour une association. Oui, alors pas de problèmes. Ouf! 50 personnes dans un avion de 171 places. Royal Air Maroc va faire faillite. Mon voisin Malien est peul. Il voulait faire l’aventure en France. Il travaille dans un super marché dans la région parisienne et veut rentrer pour investir dans le tourisme…. Un hôtel. Est-ce bien le moment?

Je veux dormir dans l’avion en prévision du voyage de 250 km à venir de Bamako à Segou le lendemain. Arrivée à Bamako: un porteur sans badge règle tout jusqu’au taxi qui m’attend comme prévu. Pas de soucis, j’ai gardé des billets CFA pour les pourboires. La guesthouse du Patio a connu de meilleurs temps. Il me reste deux heures pour dormir. Un autre taxi m’emmène le lendemain à 5h à la gare routière. Petit-déjeuner local: café au lait et 30 cm de baguette. J’adore quand le vendeur tourne infiniment la cuillère de lait condensé sucré (marque hollandaise avec une belle vache noire et blanche sur la boîte). Le temps d’acheter de l’eau, une carte de téléphone et d’enregistrer les bagages et on part. Remarquable! Arrivée à Segou à midi où Baba, l’antiquaire m’attend. Je dors avec des boules Quies deux nuits dans une petite chambre dans une cour. Je récupère le sac à l’Hôtel Esplanade. Anneke a son guide Touareg privé. Elle l’a connu en voyage avec moi. Elle apporte un soutien financier à la famille du guide. Je veux sentir l’ambiance après deux ans de conflit, après les ‘évènements’ comme on dit pudiquement ici. Le quai des arts est rempli de Touaregs qui me racontent comment ils ont fui le Nord. Une promenade avec Marja, Renée et Pieter le long du Niger est bienvenue. Que de beaux jardins! Je veux emporter dans ma mémoire et mon odorat les couleurs et les senteurs, Plus au Nord, cela va me manquer. Basilic, poivrons, courgettes, haricots verts… Les salutations en bambara avec les jardiniers n’en finissent pas. Plus tard, sur le Quai des Arts, je retrouve Florence qui s’occupe d’un projet dans le Sahel. On dîne avec un Japonais qui est venu acheter de l’artisanat. J’étouffe au Quai des Arts. Tous les guides et vendeurs de souvenirs me demandent: Où sont tes touristes? Y a pas de touristes, je vais au village. Les guides veulent se vendre, les Touaregs de Tombouctou sont tous là et veulent me vendre leur artisanat. Plus tard, plus tard… Musique le soir: Salif Keita, Rokia Traore et beaucoup d’autres. Peu de blancs. Je quitte tôt le dimanche pour Mopti. Les 450 km me semblent interminables. A San une femme me reconnaît. Elle vendait les calebasses décorées au restaurant qui a fermé. Elle a ouvert une boutique à la gare routière: eau minérale, boîtes de sardines… Bon, ça peut toujours servir, au village, il n’y a rien. Enfin voici Mopti à 18h30, les animateurs Moctar et Gueladio m’attendent. Les garçons organisent tout, quel plaisir de se faire aider! Les housses rouges dans une charrette et en route vers la mission. Moctar sérieux comme d’habitude me parle de ses jardins, du puits tari. Je fais connaissance avec Gueladio qui a commencé en octobre 2013. On attend une pinasse du village. C’est la pleine lune. Que c’est facile d’escalader la rive si haute quand le Niger baisse! Et surprise, je découvre la cour propre et les planches d’oignons de Moctar. Le soir, je dors entre un mur inachevé dans la maison et un tas de sacs de ciment destinés à la construction du centre de santé. Une couleuvre à avaler! Je n’ai pas laissé la maison dans cet état en février 2012. Que s’est-il passé? On verra demain… Mais je pense à ce qu’il faut faire pour redonner à la chambre son état initial. Où sont passées mes affaires? Une valise, des sacs avec le minimum pour survivre ici, un balai, un miroir. Je suis vraiment une toubabou pour me faire du souci à ce sujet!